Au Togo, en Afrique et en Europe, Alphonse Fafanyo est l’un des écrivains publics dont le nom ne passe pas inaperçu. Ses services de qualité, en termes de rédaction, et ses initiatives entrepreneuriales attisent de plus en plus de curiosité. Qui est réellement cet artiste prometteur à la plume indomptable ? Le site d’information Regard Citoyen Média (RCM) a réussi à obtenir de lui une entrevue et en voici les quelques révélations.
RCM : Bonjour Alphonse Fafanyo.
Alphonse Fafanyo : Bonjour.
RCM : Vous êtes l’un des écrivains dits publics aujourd’hui. En quoi consiste concrètement votre métier d’écrivain public ?
Alphonse Fafanyo : Un écrivain public est celui qui rédige des lettres, des mémoires, des pétitions et autres documents destinés au public. Il est vrai que je continue à exercer cette activité, mais je suis beaucoup plus intéressé par le métier d’écrivain fantôme. Cela signifie que j’écris un livre pour une personne qui le signe en son nom contre une rémunération. Je travaille souvent avec des personnes dans le besoin et en collaboration avec des maisons d’édition. Je précise qu’avec ces dernières, il s’agit principalement de retravailler les textes des auteurs.
RCM : Ah bon ? Mais n’est-ce pas illégal d’écrire un texte à la place de quelqu’un d’autre ?
Alphonse Fafanyo : Illégal ? Je ne crois pas ! Prenez l’exemple d’un chef de canton qui ne maîtrise pas bien l’écriture ou ne sait pas écrire en français, mais souhaite vivement rédiger l’histoire de sa communauté. Il est évident que mon rôle serait d’intervenir en sa faveur et en celle de sa population.
RCM : Ah oui ! Votre argument est convainquant ! Mais alors, d’où vous vient ce talent et cette souplesse dans l’écriture qu’on vous reconnait ?
Alphonse Fafanyo : Le talent est avant tout un don. Je me souviens de la dernière fois où mes parents m’ont demandé ce que je ferais après le bac. « Je veux devenir écrivain », avais-je répondu. Ils n’ont pas apprécié ma réponse et honnêtement, j’ignorais moi-même le motivations de ce que j’avais dit ce jour-là. « Un écrivain n’est pas payé mensuellement, ou du moins ce n’est pas un métier à part entière. On l’exerce parallèlement à un métier principal. Tu ne veux pas devenir avocat ?« , m’avait-ont demandé. Sur ses mots, j’ai décidé de redigérer mon ancienne vocation d’avocat que tout le monde me reconnaissait d’ailleurs au détriment de l’écriture. Cependant, peu à peu et avec le temps, j’ai réalisé que je suis né pour être écrivain professionnel.
RCM : Dis donc! C’est intéressant. Comme quoi, nul n’échappe à son destin ! Mais comment avez-vous découvert cette passion pour l’écriture ? Pourriez-vous remonter dès le commencement si possible pour édifier?
Alphonse Fafanyo : Eh bien ! Tout a commencé quand j’étais au collège, en classes de 4ème et 3ème, je ne sais plus trop. Bien que je ne fusse pas très intéressé par les activités culturelles organisées dans mon école, j’y participais quand même pour écrire sur tout ce qui se passait, tel un écrivain qui ne loupe l’occasion de remplir les pages blanches de son cahier. J’étais plus intéressé par les préoccupations de mes camarades à savoir : danse, chant, amour, nourriture… Après rédaction, j’ai lu l’histoire que j’avais rédigée à mon entourage qui l’avait appréciée.
Egalement, au lycée, j’ai écrit des livres. Et je le précise, c’est en classe de première que j’ai achevé l’écriture de mon premier bouquin « Les rêves du jour et de la nuit« , qui est paru trois ans plus tard. L’année d’après la sortie du 1er livre, j’ai publié « L’amour finit au tombeau« , qui a réveillé et secoué le don de l’écriture en moi.
Mais, pour être véridique, trois jours après la publication de « L’amour finit au tombeau« , un monsieur qui l’avait lu m’appela et me fit une alléchante proposition. Il voulait que j’écrive un texte pour lui, en échange d’une rémunération importante. J’ai accepté. Ainsi, Peu à peu, grâce aux recommandations, j’ai laissé tomber mon dernier ouvrage et c’est qu’une nouvelle ère commença dans ma vie : celle de l’écriture fantôme.
RCM: C’est très inspirant votre histoire ! Alors, puisqu’un talent est avant tout un don qui se travaille, comment développez-vous le vôtre ?
Alphonse Fafanyo : Je lis. C’est le grand secret. Puisque mon métier exige une grande flexibilité de style, je lis en fonction du texte que je dois produire.
RCM : Quels sont déjà vos impacts ou projets en tant qu’écrivain public qui, déjà, imprime peu à peu sa marque?
Alphonse Fafanyo : Je ne sais pas si je suis flatté ou pas, mais disons que je me débrouille plutôt bien. De plus, je suis encore très jeune. En tout cas, à ce jour, je suis propriétaire de deux entreprises : le Cabinet Scriptural Alphonse Fafanyo (CSAF) et la Ferme Agroécologique Fafanyo (FAEF). Il est aussi important de souligner que je suis le fondateur des Éditions Fafanyo et le créateur de la presse en ligne R-Free News, qui font toutes deux partie du CSAF.
RCM : Travaillez-vous au-delà des frontières ?
Alphonse Fafanyo : Bien sûr, la plupart de mes clients se trouvent à l’étranger, en Afrique et en Europe notamment.
RCM : Quelles sont vos perspectives d’avenir ?
Alphonse Fafanyo : J’ai plusieurs projets en cours sur lesquels je travaille. Ils verront le jour petit à petit. Mais ce qui est intéressant à retenir, c’est la Communauté des Jeunes Entrepreneurs Togolais (COJET) que je dirige. Je lancerai bientôt ce projet qui permettra aux jeunes entrepreneurs de bénéficier de conseils, de formations de perfectionnement, de marchés et bien d’autres choses gratuitement.
RCM : Cher écrivain, nous sommes à la fin de cette interview. Ces quelques moments d’échanges nous ont édifiés et nous croyons sincèrement qu’elles ne laisseront pas nos lecteurs indifférents. Ce fut un plaisir.
Alphonse Fafanyo : Un plaisir partagé monsieur le journaliste.
RCM: Cependant, où vous trouvez? est-ce possible d’avoir votre contact?
Alphonse Fafanyo: Mon cabinet se situe à Atikoumé, premier immeuble du troisième von à gauche en venant de la FUCEC vers l’université de Lomé. je suis au 99731590
