Editorial : Bavure ou abus de pouvoir ?
Une fois encore certains de nos forces de l’ordre et de sécurité viennent de s’illustrer de la pire des mauvaises manières dans l’exercice de leur métier.
Dans la journée du mardi 24 août dernier des informations fusaient sur les réseaux sociaux comme quoi un citoyen ghanéen aurait succombé après être tabassé par des militaires des forces armées Togolaises. Le lendemain cette information fut confirmée par le ministre de la sécurité et de la protection civile via un communiqué daté du 25 août.
Etait-il question d’une bavure ?
Non, car l’acte répréhensible commis par les deux agents des forces armées togolaise ne s’inscrit pas dans leur mission de maintien de la paix et de la sécurité. Selon ce communiqué les militaires auteurs des faits auraient sollicité les services du nommé BEDI GEDZAH Félix (la victime) qui leur est très familière pour les aider à charger un téléphone portable. Ayant constaté que cette dernière ne revenait pas jusqu’à la tombée de la nuit, les deux militaires se sont mis à sa recherche pour récupérer le téléphone. Au finish, ceux-ci finissent par le retrouver en possession du téléphone mais sans la carte SIM. C’est dans l’objectif de lui faire avouer la cachette de la dite SIM qu’il a été roué de coups qui a conduit à son évacuation dans un centre de santé ghanéen par ses parents où la mort s’en est suivi. D’ailleurs, le communiqué du ministre est formel, ces militaires « ont exercé des voies de fait » c’est-à-dire un acte de l’administration réalisée sans droit qui porte matériellement et illégalement une atteinte grave à une liberté fondamentale. Donc, dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas d’une bavure.
De ce fait, peut-on qualifié cet acte d’abus de pouvoir ?
Les premières questions qu’il faut se poser est de savoir si les militaires sont-ils des justiciables ou pas ? Ne peuvent-ils pas poser des actes de justice c’est-à-dire convoquer un citoyen à la police, à la gendarmerie ou à la justice pour demander réparation ? Aux yeux de la loi, les militaires sont des justiciables, ils peuvent porter plainte contre quelqu’un tout comme on peut aussi porter plainte contre eux. Donc dans le cas d’espèce, ils n’étaient pas en droit d’exercer violence contre un individu pis un citoyen d’un autre Etat. Ailleurs, cela aurait pu créer une crise diplomatique entre les deux Etats ; prions que cela n’en arrive là.
Si le ministre promet des sanctions :« les deux militaires sont mis aux arrêts et seront sanctionnés conformément aux textes en vigueur », il urge de sensibiliser nos force de sécurité contre l’usage abusive de la force en dehors de leur devoir régalien car le cas du jeune Mohamed tué à bout portant l’an dernier à Avedji Sun-City par un agent des forces de sécurité aux premières heures du couvre- feu lié à la covid 19 reste encore présent dans la mémoire collective des togolais et cela n’honore guère la corporation des forces armés, de l’ordre et de la sécurité.
