Les élections municipales qui ont eu lieu le 30 juin 2019 est la preuve que le Togo a amorcé sa politique de décentralisation. Après presque 3 ans d’exercice, l’enracinement des enjeux de la décentralisation chez les populations reste encore un défi car le payement des taxes communales n’est pas encore un acte librement consenti même auprès des femmes commerçantes qui exposent dans les marchés des collectivités locales. Certes, la COVID 19 a impacté leurs activités, mais avant de plaider pour une réduction des taxes et impôts municipaux dans les marchés aux profits des femmes commerçantes, l’Association Femme Plus-Togo, dans une démarche cartésienne, a voulu d’abord faire connaître à ces femmes commerçantes des marchés des communes d’Agoè et du Golfe les avantages liés au payement des taxes communales avant de plaider pour un allègement possible de celles-ci. C’est dans le but d’atteindre le premier objectif que l’Association Femme plus-Togo a organisé le 19 avril dernier une rencontre entre les femmes commerçantes et les élus locaux de la commune d’Agoè Nyivé 2 afin d’échanger sur cette thématique.
Le but de cette rencontre d’échange entre élus locaux et responsables des organisations des femmes commerçantes est de pouvoir échanger sur la participation et l’implication des femmes commerçantes au niveau des instances de prise de décisions dans les municipalités. En outre, cet atelier d’échange vise à faire connaître aux femmes commerçantes leur contribution à l’essor économique du pays à travers le payement consenti des taxes et impôts.
Pour atteindre cet objectif, l’Association Femme Plus-Togo a fait recours à un consultant afin d’éclairer la lanterne de ces femmes sur le bien-fondé du payement des taxes communales.
A cette occasion donc, Monsieur le consultant en management des organisations sociales a rappelé à l’audience le rôle des élus locaux ainsi que l’importance du payement des taxes communales. Selon lui, les élus locaux (maires et conseillers) « sont neutres une fois à la tête des mairies », c’est-à-dire qu’ils ne servent plus les intérêts de leur Chapel politique mais sont là pour œuvrer au développement de leur localité. « L’usage des taxes communale va au-delà du développement des marchés et peut aider à construire des hôpitaux, des aires de jeux et même permettre de subventionner l’établissement des actes de naissance et de nationalité » a-t-il ajouté.
Le maire de la commune d’Agoè Nyivé 2, monsieur Djakakou K. BOLOR qui était également présent à cette rencontre, a rappelé d’ores et déjà les avantages tirés de la décentralisation. « Aujourd’hui, la mairie s’en charge de régler les problèmes de nuisance sonore, de voisinage et même du foncier » a-t-il fait savoir. Quant à ce qui concerne le payement des tickets au marché de Légbassito, cela ne se fait que 3 fois par semaine dans le but d’alléger la vie aux femmes commerçantes du marché.
Les représentants des organisations des femmes commerçantes se sont aussi servis de cette tribune pour faire part de leurs difficultés et poser également leurs doléances. Elles ont émis le vœu de voir construire des magasins sur le site du marché afin qu’il soit plus animé. Par ailleurs, elles ont fait cas du conflit qui existe entre elles et les collecteurs de taxe qui usent souvent de menace à leur égard. Il est vrai que les jours de prélèvement des taxes réduit, mais les femmes demandent en baisse le montant des taxes car maintenant le marché ne s’anime comme avant.
A l’issu donc de cette rencontre, le maire a suggéré d’organiser un atelier de formation à l’endroit des collecteurs afin que ceux-ci s’imprègnent des bonnes manières qui adouciront les relations entre eux et les commerçantes des marchés. Le consultant de Femme Plus-Togo a à son tour promis de faire un suivi sur les recommandations assorties des échanges.
Notons que cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « plaider pour une réduction des taxes et impôts communaux des femmes commerçantes dans les marchés des préfectures d’Agoè et de la préfecture du golfe. Elle a été possible grâce à l’appui financier d’Urgent Action Fond-Africa.
