Le Togo en adhérant à la Zone Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAF), voudrait donner plus de chance aux commerçantes et commerçants d’accroître leurs chiffres d’affaires. Selon une enquête menée par la Fédération des Femmes d’Entrepreneures et Femmes d’Affaires du Togo (FFEFAT) en juillet dernier, les femmes constituent 60,2 % des commerçants transfrontaliers au Togo. Or, pour mener une activité de grande envergure comme le commerce transfrontalier, il faut un budget conséquent. Mais force est de constater que 51,06 % de femmes commerçantes transfrontalières n’ont pas accès au crédit faute de documents administratifs tels que l’acte de naissance et la nationalité. C’est pour aider ces femmes à jouir des opportunités d’affaires qu’offre cette vaste zone de libre-échange qu’est la ZLECAF que l’Association Assistance Plus-Togo (AP-Togo) a organisé le 15 décembre dernier à Lomé, un atelier de sensibilisation et d’échange à l’endroit des femmes commerçantes transfrontalières de la ville de Lomé et ses environs.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « plaidoyer auprès du tribunal des instances du grand Lomé pour l’établissement des jugements supplétifs tenant lieu d’actes de naissances aux femmes commerçantes transfrontalières des préfectures du Golfe, d’Agoè Nyivé et de Cinkassé.
En effet, Assistance Plus-Togo, qui assiste et continue d’assister les femmes commerçantes transfrontalières dans l’obtention de leur papiers administratifs (certificat de naissance, nationalité) a voulu jouer un rôle d’avant-garde. C’est pourquoi, elle a réuni lors de cet atelier les représentants des institutions de microfinances, de la plateforme des droits des femmes commerçantes transfrontalières du Togo (PDFC2T), du ministère du commerce de l’industrie et de la consommation locale ainsi que les directeurs préfectoraux de l’action sociale de la promotion des femmes de l’Alphabétisation, les régisseurs des marchés et présidentes des femmes commerçantes des marchés afin que tous se penche sur comment faire pour booster les activités des femmes commerçantes transfrontalières.
De ce fait, cette rencontre a permis à ces femmes de cerner les mécanismes d’octroi des prêts au près des institutions de microfinance. Elle fut également une occasion pour les participantes de faire part des manipulations odieuses souvent orchestrées par certains agents indélicats des microfinances. Elles ont par ailleurs saisi cette occasion pour soumettre leurs doléances aux patrons des microfinances présents à cet atelier.
Selon la Directrice exécutive d’AP-Togo, madame Panakinaou Piyalou, la rencontre de ce jour cadre bien avec l’esprit du projet, car pour traverser les frontières tout comme pour la demande de prêt, ces femmes ont toujours besoin des papiers administratifs tels que l’acte de naissance et la nationalité indispensable pour l’obtention de la carte d’identité ou le passeport. « Les femmes commerçantes ont besoins des pièces telles que la carte d’identité, passeport pour traverser les frontières, faute de quoi elles seront soumises aux extorsions de fonds. Non, seulement ça, avec les microfinances c’est toujours les mêmes papiers qu’ils leur faut avant de leur faire des prêts » a-t-elle expliqué.
Assistance Plus-Togo a pour mission d’œuvrer pour le bien-être et l’épanouissement des femmes transfrontalières, c’est pourquoi elle a saisi cette occasion pour plaider afin que les prêts puissent être accordé aux femmes commerçantes qui pour le moment ne possèdent pas de naissance ni de nationalité. « Maintenant nous voulons voir avec les microfinances, s’il y a possibilité d’alléger leur mécanisme d’octroi de prêt pour que ces femmes puissent avoir des crédits sans les papiers exigés, c’est en ce sens que les microfinances sont impliquées » a-t ’elle renchéri.
Le point focal Femme dans le commerce de la ZLECAF, Madame Klolly Akouvi Soké, a pour sa part exhorté les femmes commerçantes à s’approcher du ministère du commerce pour avoir plus informations sur la ZLECAF, ce qui leur permettra de promouvoir les produits locaux à extérieur. « Que les femmes commerçantes osent, qu’elles soient curieuses, le ministère est là pour les aider à connaitre le B A BA de la ZLECAF, cette zone de libre-échange ouverte depuis le 1er janvier 2021 pour que les commerçants et commerçantes du Togo puissent également faire la promotion des produits locaux à l’extérieur » a-t ‘-elle souligné.
Les participantes c’est-à-dire les femmes commerçantes transfrontalières quant à elle ont souhaité que de pareilles rencontres se poursuivent afin de leur éclairer la lanterne sur les mécanismes d’obtention des prêts ainsi que des documents dont elles ont besoin pour une traversée paisible des frontières.
Il est important de rappeler que cet atelier de sensibilisation et d’échange a été possible grâce à l’appui financier de Urgent Action Fund Africa (UAF-A°
